Gradis - Watanabe
Nous réalisons vos pièces textiles dans tous les formats
pour la maison et pour des lieux publics : panneau mural, couvre-lit, rideau, voilage, mur textile pour chambre d'enfant...
Si vous avez d'autres idées ou d'autres envies, nous pouvons
les mettre au point avec vous en venant sur place pour en parler,
ou bien à l'atelier.

Notre Appliqué est la juxtaposition libre de morceaux de tissus selon un dessin précis, une grande variété des matières,
les compositions sont toutes particulières, des tissus de toutes origines récupérés, découpés, recomposés.  L’œuvre est enrichie par un jeu de broderies.

Ces travaux à quatre mains ont à la fois quelque chose de brut
et de précieux.
Il est des rencontres exceptionnelles, inattendues.
Un jour, le textile comme langage commun a conduit Corinne et Elodie sur un chemin de chance destiné à ouvrir à la merveille d’autrui, chacune accordant à l’autre sa part de mystère.

Maison cachée, jardin fleuri, leur atelier a le charme de ces lieux où les artistes habitent leurs créations.
Des piles de tissus rassemblés par couleurs vivent avec quelques belles sculptures céramique, une odeur de cumin mêlé à un léger parfum de fleur d’oranger flâne dans la pièce pour nous accueillir.

Corinne et Elodie font soie de tout textile.
Les tissus qu’elles utilisent portent en eux la trace du passé, les rêveries de l’enfance qui a construit leur identité, inventé la forme de leur secret ; ils expriment la vie simple comme une anémone solitaire.
Leurs œuvres sont composées avec une longue patience dans une attention pleine donnée à leur travail.. Elles travaillent en silence, les tissus parlent d’eux-mêmes, d’un ici, d’un là-bas, d’un ailleurs.
Cent fois sur le métier, elles remettent leur ouvrage ; elles caressent, elles taillent en même temps que leurs mains aussi agiles que leur imagination, pensent.
Elles ne recherchent pas seulement un matériau noble , elles utilisent aussi des tissus usagés prélevés sur quelques vieux rideaux ou autres vêtements abandonnés dans l’armoire d’un grenier. Elles travaillent aussi des tissus de grande qualité, belle teneur, belles couleurs, dessin subtile qui disent le souvenir d’un voyage au Maroc, le lever d’un soleil breton, le sud du Japon où tout prend la forme d’un sourire joyeux. A l’intérieur de la composition s’inscrit toujours un motif plus précieux, soyeux, lumineux, qui réinvente une relation, joue d’une résonance, parle de ce que le « poème » avait choisi de taire.
De petits territoires sont prédécoupés, dispersés, appliqués par légères touches et par déplacements en toute tranquillité ; ils glissent, dansent, s’assemblent peu à peu et se lient dans un ouvrage inconscient de la mémoire : les ruptures, les retrouvailles, les rencontres fugaces, les promesses tenues, les légendes oubliées, l’humilité, l’humanité, une esthétique de la nuance.
Comme des mots s’unissent les uns aux autres, ils s’installent et se fondent en un camaïeu de couleurs, gris comme un soir de Novembre , bleu comme une parcelle de champs de lin au lever du jour, vert comme l’herbe d’un verger, rouge comme les cieux rouges de l’automne ; Et les roses marocains alors !!!…. comme les chemins de l’infini.

L’aiguille nourricière trace, ourle, appuie les contours, arrondit les angles, efface ou souligne la discontinuité du lieu et du moment ; elle recueille en passant le rire des fontaines, la musique du vent, les chemins partagés.
Corinne et Elodie, fuyant les résultats prévisibles, s’exposent à tous les possibles et exposent les formes à tous les risques de la traversée
Et lorsqu’un motif ou une couleur résiste, elles conversent longuement, dans un double vertige, afin que leur rêverie puisse s’inventer d’autres chemins. Alors seulement peut se dessiner une atmosphère ; l’œuvre grandit, la conception peut être reçue. Ce n’est pas une représentation mais un rythme, une évocation - la mer n’a pas de visage - le paysage est la mémoire des choses.
A travers les dentelles qui bougent dans le vide du vent, les fils glissent dans leurs mains, une joie douce coule entre leurs doigts, en équilibre, en intervalles dans une échappée vers d’autres passages jusqu’à trouver le lieu habitable, une approche du rien, pas à pas, à la rencontre du ciel.

Quand on regarde une pièce longtemps, on finit par entendre le rire des enfants, le silence de la pierre, les secrets enfermés, la parole des feuilles qui en savent long sur la fragilité et l’obstination.
Je ressens le besoin de déambuler, de rentrer dans l’œuvre qui me donne des royaumes à rêver. La porte est ouverte, à moi de m’y perdre, de me laisser happer par l’effet de profondeur, d’y plier ou non les genoux. Ma pensée s’attarde en même temps que mon âme s’abandonne à la lumière ne sachant plus où donner de la tendresse où mettre mon émotion pour accompagner les artistes, le temps qui passe et attendre le vol d’un nuage ou celui d’une mouche.

Marie-France Vilcoq